DANS UN CONTEXTE de crise économique et de réduction des coûts, l’Est francilien pourrait bien devenir le nouvel eldorado du secteur tertiaire. C’est en tout cas la conclusion d’une étude réalisée par la société de conseil KPMG pour Eurodisney SCA, lequel est chargé du développement immobilier du Val-d’Europe.
Cinq nouvelles installations par semaine
DANS UN MARCHÉ francilien en berne, le Val-d’Europe tire son épingle du jeu. Selon les chiffres du syndicat
d’agglomération nouvelle (SAN), le secteur a attiré plus de cinq nouvelles entreprises par semaine au premier semestre 2008, contre quatre par semaine sur la même période en 2007. En
septembre 2008, 1 467 sociétés étaient implantées au Val-d’Europe, soit presque 500 de plus qu’au dernier recensement voilà trois ans.
Pour Francis Borezée, vice-président d’Eurodisney SCA, chargé du développement immobilier, « les faibles coûts d’implantation et la qualité de l’offre immobilière » expliquent ces bonnes
performances. Autre atout du secteur : les entreprises trouvent à Val-d’Europe de très grandes surfaces, supérieures à 20 000 m 2 , qui sont de plus en plus rares en Ile-de-France. «
L’échelle des implantations augmente dans le temps, se félicite Francis Borezée. Au début, c’étaient de petites entreprises locales, puis on a accueilli des sièges régionaux d’entreprises de
services comme Auchan, la Société générale et la BNP. Aujourd’hui, on a des projets de grande ampleur comme le Data Center, actuellement en construction, de Natixis, et l’arrivée prochaine
d’un centre d’appels de France Télécom dans l’immeuble Antarès, à Serris. »
Un satisfecit partagé par Arnaud de Belenet, le vice-président (UMP) du SAN de Val-d’Europe délégué au développement économique : « Il y a une dynamique, c’est indiscutable, reconnaît-il.
Mais on peut faire mieux encore, en étant plus offensifs en direction des sociétés internationales. »

UN MOT d’ordre : « diversifier ». Après avoir longtemps vécu à l’ombre de la société Euro Disney, l’agglomération de Val d’Europe veut aujourd’hui attirer de nouvelles entreprises. C’était
justement le but de l’opération séduction organisée hier par le syndicat d’agglomération (SAN) de Val-d’Europe au centre d’affaires Regus, en plein coeur de la zone d’activités économiques de
Serris.
Devant un parterre de 80 entrepreneurs du secteur, le président UMP du SAN, Jean-Paul Balcou, et Arnaud de Belenet ,vice-président chargé du développement économique, ont évoqué leur
stratégie pour renforcer l’attractivité économique de l’agglomération. Ils ont présenté plusieurs entreprises nouvellement arrivées à Val-d’Europe. Parmi elles : l’équipementier automobile
Henkel Technologies, qui a installé cette année ses centres logistique, marketing et commercial à Serris . Arnaud de Belenet s’est ensuite livré à un large tour d’horizon des atouts du
secteur. Au premier rang desquels le vivier d’emplois avec une population de plus de 22 000 personnes qui devrait quasiment doubler d’ici à 2017.
« Notre intercommunalité a vocation à être le principal lieu de vie et le plus grand bassin d’emploi de l’Est parisien », a souligné le maire de Bailly-Romainvilliers. Arnaud de Belenet a
aussi plaidé pour la venue de diplômés au Val-d’Europe : « Nous tendons à diversifier les populations, car notre territoire n’a pas vocation à devenir un réservoir de main-d’oeuvre pour
l’aéroport de Roissy. » Le vice-président du SAN a ensuite listé plusieurs équipements récents et en projet, qui devraient doper l’attractivité du secteur. Il a évoqué les 1 250 m 2 des
ateliers artisanaux de Bailly-Romainvilliers, qui hébergent une dizaine de sociétés actuellement . Il a aussi annoncé l’ouverture en 2009 de la maison des services publics, place d’Ariane à
Chessy, ainsi qu’un projet de pépinière d’entreprises en cours . Reste à mieux faire connaître ces atouts. Les élus comptent notamment sur la publicité positive des entreprises implantées
dans le secteur auprès de leurs « clients et fournisseurs ».
« C’était un des objectifs de cette réunion, a résumé Jean Paul Balcou à l’issue de la rencontre. Le SAN ne peut rien faire s’il n’y a pas une dynamique venant des entreprises du secteur. »
Il a plaidé pour la création d’un « club inter entreprises qui jouera un rôle de locomotive pour la venue d’autres sociétés au Val d’Europe ». Hier, plusieurs invités, notamment Luc de la
Durantaye, PDG de la société canadienne de formation professionnelle Educ’expert, se sont montrés intéressés pour animer cette association.
Le Parisien